Qu'est-ce que Gram (ex-Toncoin) ?
Gram (ex-Toncoin) est le jeton natif de TON, pour « The Open Network », une blockchain de première couche née d’un projet lancé par Telegram en 2018 sous le nom de Telegram Open Network. Les frères Nikolaï et Pavel Dourov voulaient doter la messagerie d’une chaîne rapide capable d’absorber des centaines de millions d’utilisateurs, financée par une vente de jetons appelés « Gram » qui avait levé environ 1,7 milliard de dollars. La SEC américaine a bloqué l’opération fin 2019, Telegram a abandonné le projet en 2020 et remboursé les investisseurs. Le code étant open source, une communauté de développeurs indépendants l’a repris et relancé, sous l’égide de la TON Foundation, avec un jeton alors renommé Toncoin — puis rebaptisé Gram, son nom d’origine.
Techniquement, TON mise sur le sharding : le réseau peut se découper en chaînes parallèles pour répartir la charge, avec des contrats intelligents dits asynchrones qui s’échangent des messages plutôt que de s’exécuter d’un bloc. La validation repose sur une preuve d’enjeu. L’ensemble s’accompagne de services annexes comme un système de noms de domaine, du stockage décentralisé et un portefeuille intégré directement dans Telegram, ce qui constitue la principale singularité du projet face à ses concurrents.
Le jeton GRAM sert à payer les frais de transaction, à rémunérer et sécuriser les validateurs via le staking, à régler certains services de l’écosystème et à voter sur des décisions de gouvernance. Il n’existe pas d’offre maximale figée : l’émission liée au staking augmente lentement le nombre d’unités en circulation, aujourd’hui de l’ordre de 2,8 milliards. La capitalisation, proche de 3,3 milliards d’euros, place le jeton autour du 27ᵉ rang du marché.
Cas d'usage : à quoi sert Gram (ex-Toncoin) ?
- Frais de réseau. Chaque transaction, déploiement de contrat ou interaction avec une application sur TON se paie en GRAM. C’est l’usage le plus mécanique du jeton : sans lui, aucune opération ne peut être inscrite sur la chaîne.
- Paiements dans Telegram. Le portefeuille intégré à la messagerie permet d’envoyer des jetons dans une conversation, d’acheter des noms d’utilisateur mis aux enchères ou de régler certains services. Cette porte d’entrée grand public reste la vitrine de l’écosystème.
- Staking et validation. Les détenteurs peuvent déléguer leurs jetons à des validateurs, ou en devenir un, pour participer à la sécurité du réseau et percevoir une part de l’émission. Les récompenses varient selon la participation totale.
- Applications et jeux. Les mini-applications Telegram ont attiré des vagues d’utilisateurs, notamment avec les jeux de type tap-to-earn en 2024. DeFi, échanges décentralisés et distributions de jetons s’appuient sur cette audience, encore très dépendante des effets de mode.
L’écosystème a connu un pic d’activité en 2024 avec les jeux Telegram et leurs distributions massives de jetons, avant un net reflux. Le changement de nom de Toncoin vers Gram s’inscrit dans une volonté de renouer avec l’identité initiale du projet.
Points d'attention et risques
- Dépendance à Telegram. L’attrait du projet repose largement sur son intégration à la messagerie, alors que la fondation est juridiquement distincte de Telegram. L’arrestation de Pavel Dourov en France en août 2024 avait provoqué une chute brutale du cours, illustrant cette dépendance à un acteur unique.
- Passé juridique lourd. La vente de jetons Gram de 2018 a été stoppée par la SEC, qui la considérait comme une émission de titres non enregistrée ; Telegram a remboursé les investisseurs et payé une amende. Ce précédent continue de peser sur la perception réglementaire du jeton.
- Concentration de l’offre. Les premières unités ont été distribuées par un minage précoce très concentré : plus d’un milliard de jetons issus de portefeuilles inactifs ont été gelés en 2022 après un vote communautaire. Une part importante de l’offre reste détenue par un petit nombre d’acteurs.
- Volatilité et fiabilité. Le jeton évolue environ 85 % sous son sommet de juin 2024, avec un recul proche de 57 % sur un an. Le réseau a par ailleurs montré des signes de saturation lors des afflux d’utilisateurs de 2024, rappelant que le débit annoncé n’est pas garanti en conditions réelles.
TON est l’un des rares projets à disposer d’une audience potentielle aussi large, mais cet atout est aussi sa principale fragilité : l’activité comme le cours restent très sensibles aux décisions et aux aléas d’un seul écosystème. Pour situer Gram (ex-Toncoin) dans le marché global, consultez nos signaux quotidiens ou convertissez vos montants avec le convertisseur BTC/EUR.